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Certains échecs vous font réfléchir !
Bien sûr, notre blog est un moyen de parler en bien de nos réalisations et de notre démarche. Il est donc rare qu’en ces augustes colonnes, j’évoque nos cuisants échecs et nos plus talentueux concurrents. C’est sans doutes dommage. Car on apprend de nos erreurs, on grandit de nos échecs. Il y a plus d’un an, l’Afnic, une valeureuse institution française qui a pour mission de gérer le .fr, nous a confié plusieurs misions quant à la refonte de son identité visuelle. La première consistait à faire un audit graphique en interne, pour pouvoir refondre et faire évoluer son image. Mission plutôt inhabituelle pour nous qui n’apparaissons, en général, qu’en fin de chaîne. Après avoir conçu un questionnaire, j’ai donc interrogé une dizaine de profils, en interne : du commercial au graphiste. L’idée étant de synthétiser la demande de chacun dans un brief précis et pointu. Lorsque vint le tour du graphiste, je n’ai pas assez porté d’attention à ce que ce garçon talentueux et professionnel avait à dire. Mal m’en a pris puisque l’on sentait dans son discours une certaine frustration. Frustration au combien légitime pour celui qui était à l’origine de la première mouture du logotype Afnic. L’homme était le logo et il était clair que changer d’identité sans sa bénédiction eut été une grossière erreur. Je remontais l’information et dans l’euphorie du changement personne n’en tint compte. Sans le vouloir, je me mettais à dos un rival (qui pour moi n’en n’était pas un). A l’époque, j’aurais dû associer ce D.A. à notre démarche car une image de marque n’existe que par l’acceptation de ceux qui vont l'utiliser. Vint la valse des maquettes et des propsositions graphiques qui aboutirent à un logo au multiples composants et à la fonctionnalité complexe. Poussant, d’ailleurs du fait de ce D.A., l’exercice jusqu’à la création d’une fonte originale et réutilisable pour divers déclinaisons. Puis au moment de finaliser… Et de valider l’ensemble… Rien. Entre-temps, le service juridique avait frappé relevant d’étranges similitudes avec d’autres logotypes allemands ou américains. Rien de très gave, du fait des plus de 300 millions d’identité visuelles existantes dans le monde. Mais l’Afnic ne souhaita pas prendre le risque (et éviter la risible mésaventure graphique d’Hadopi)… Paya la facture et nous remercia. Je leur proposai même de retravailler gratuitement (mais il était sans doute trop tard). Plus d’un an après, l’Afnic a changé d’identité et fête son 25e anniversaire. Je parie bien sûr que le graphiste en question, garant de l'image en interne, est l’artisan de cette évolution (de cette révolution ?) optant pour un graphisme plus ou moins manuscrit qui s’il répond bien à la problématique humaine de l’époque s’éloigne de la dimension technologique qui semblait être un pré-requis essentiel. Pas grave, il est plutôt joli et réussi ce logo, même si je ne peux m’empêcher de voir certaines similitudes avec au hasard, Fender, Veer et bien d'autres marques (mais c'est moche d'être à ce point revanchard)… Et en même temps, je n’ai pas l’expertise d’un service juridique et ce n’est que l’avis d’un modeste graphiste. Quoi qu’il en soit, je regrette l’évolution de ce projet où je crois avoir été sincère et impliqué. Je regrette encore plus de n’avoir pas su refuser cette mission du fait d'un conflit d’intérêt, en interne, on ne peut trop évident. Je regrette surtout de n’avoir plus de contacts avec une équipe d’invidus utra-sympathiques et attachants. Et c’est comme ça que j’ai perdu un client simplement en voulant en gagner un. Juste en voulant faire mon travail...