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Décidement, c'était mieux hier !
La mode est au rétro. La mode, depuis longtemps est au rétro. A la fin des sixties, les années 30 (du siècle dernier) sont revenues en force (souvenez-vous de Gainsbourg et Bardot en Bonnie et Clyde). Dans la première partie des seventies, se furent les fifties que l’on décida de revisiter soit à travers le Glam, soit par le retour du Rock and Roll puis du Rockabilly. Les années 80 se sont imaginées modernes en absorbant des influences multiples… Dont les années 30 et 40. Aujourd’hui, tout se mélange en un gigantesque kaléidoscope d’images, de films, de musiques, de références pop… Etc. Franz Ferdinand revisite le constructivisme quand Amy Winehouse réinvente la soul sixties, les Brigitte, le folk seventies… Etc. Une génération de quinqua rêve ses années 80, tandis que les trentenaires se construisent une nostalgie faite de références multiples : anime cheap made in France Télévision, jeux vidéos « mythiques »… Etc. La nostalgie camarade est sans doute un composant « fort » de notre nature humaine. De tous temps, l’Homme… Sans doute par peur d’affronter un présent déprimant et déprimé par la crise ou par toute autre forme de cancer social. « Hier, c’était mieux ! », pour ma part, je ne le pense pas. Le design graphique témoigne lui aussi de cette peur en « recyclant » sans fin les images, les tendances, les typographies, les « tics » graphiques. On va même, parfois, jusqu'à détourner des micros niches graphiques symptomatiques d’un courant. Les jeux vidéos n’échappent pas à cette démarche. Cette esthétique du gros pixel qui « tâche » est depuis un moment, ultra-tendance… Moi qui ai connu, un peu, les années 80, je tiens à préciser que le fun de ces années-là ressemblait plutôt à une surboum tchécoslovaque. A quelques exceptions près : radios libres, TV6, élections de Mitterrand... Les médias étaient plombés par la médiocrité culturelle générale. Difficile, à cette époque, d’aller à contre-courant, même si nous avions la chance de découvrir, par exemple, une vraie scène rock underground, intègre et en quête de créativité. Nous découvrions aussi le Sida, le chômage structurel, la gauche caviar, l’indécente course à l’enrichissement de Wall Street… Le site Amiga Graphics Archive témoigne d’un certain âge d’or du jeu vidéo pour ceux qui avaient les moyens de s’en procurer (un Amiga). Pour remettre le tout en perspective, imaginez qu’à l’époque, lorsque nous avons lancé notre premier studio (Bleu Petrol), il nous a fallu emprunter 30 000 Francs (plus de 6000 euros d'aujourd’hui) pour nous équiper d’un Mac SE et de son imprimante (noir et blanc laser, il me semble). Nous n’étions pas dans l’utra-démocratisation numérique… Le seul réseau accessible étant le Minitel. Le Site Amiga Graphics est un vrai bonheur pour nous, les ethnologues de l’image. Les nostalgiques pourront verser une larme, les autres admirer une approche du design graphique qui repoussait les limites du pixel. Plusieurs « entrées » nous son proposées. Par artiste, jeux, scènes ou logotypes. De quoi satisfaire les amateurs les plus pointus. De longues heures de surf en perspective… A bookmarqer !