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Parfois un long discours ne peut remplacer une courte visite. D’ailleurs en impression,
il faut voir pour comprendre !
Je me souviens avoir eu un prof. de fabrication plus ch....
que la matière qu’il nous enseignait. Je me souviens de cet abruti lisant
d’une voix monocorde je-ne-sais quel manuel du parfait conducteur offset et de
toute cette classe (dont je faisais parti) en train de recopier mot pour mot
sans rien y comprendre. Je me souviens l’avoir profondément méprisé parce que
je savais que la révolution numérique était déjà en marche. Et pour cause, j’avais accès à un magnifique Macintosh (celui qui dit « hello ! »
dans la fameuse publicité). Bien sûr, c‘était une autre époque, un autre
temps...
Vendredi dernier, j’ai emmené tout un aréopage d’apprenti graphiste chez
l’imprimeur. « Pour voir comment ça marche ! Parce que faut le
voir pour comprendre ! ». Le matin même, je me suis trouvé dans le
même cas de figure que mon auguste prédécesseur, à essayer d’expliquer avec les
mains comment fonctionne le bousin. Toujours rafraîchissant, surtout quand on
veut se positionner comme étant un expert en design numérique, grand militant
de la cause ergonomique. J’ai repensé à cet abruti de professeur de
fabrication et à un moment donné, je me suis finalement senti assez proche de
son ânonnement ! « Putain ! Comment leur
expliquer ? ». Au bout de 20 ans, j’ai une vague idée de comment
ça marche. Mais de là à le transmettre
clairement ! Heureusement la visite chez les sympathiques Rivaton a vite
levé mes doutes pédagogiques et l’odeur caractéristique des solvants, dans
l’atelier, m’a rappelé quelques bons souvenirs d’impression. Quelques
belles réussite imprimées et beaucoup (trop) d’erreurs.
Aujourd’hui, je suis francehement
content de ne plus faire d’impression mais je suis un peu désolé pour cette
corporation qui n’en finit plus de prendre le numérique dans la tronche. Après
avoir remplacé certaines spécialités (la photogravure par exemple) le numérique
se substitut également à la chose imprimée… Finie (par exemple) la petite
newsletter de derrière les fagots que l’on se trimbalait pendant 30 numéros…
Quoi qu’il en soit cette séquence back to the future m’a plutôt émue !
Même si je suis ce spécialiste du numérique, je sais d’où je viens. Mon papa s’appelle
Gutenberg… Et le vôtre ?