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Sur une idée de notre fidèle Benjee (merci !), voici une petite introduction à un designer allemand pionnier dans cette spécialité qu'est le pictogramme. Ultra-utilisé dans le numérique et le Web, ce concept est né d'une vraie volonté politique et d'une recherche d'universalité dans la communication.
Le graphiste allemand Gerd Arntz est né en 1900 à Remscheid. Issu d'une famille d'industriels fortunés, Gerd se forme à l'école d'art de Düsseldorf et bien vite affiche une orientation politique très à gauche. Fidèle à ses convictions, il intègre le Groupe des Artistes Progressistes pour (d'après Wikipedia) « produire une représentation graphique des rapports sociaux, et plus particulièrement de ceux qui concernent la guerre et le capitalisme. Son art était destiné à agir directement sur la société, au moyen d'un style directement constructiviste. Il poursuivit ce projet jusque dans les années Trente, notamment en considération du fascisme qui se développait alors en Europe. » Du fait de cette démarche particulière, Gerd orienta son travail vers « un symbolisme censé être universellement compréhensible » et donc se spécialisa dans ce qui n'était pas encore nommé « pictogrammes ». Il est donc intéressant de noter que derrière les fonctionnalités affichées du dit pictogramme se cache une volonté politique de communiquer quasi « universellement ». Notons également que toujours d'après Wikipedia, un pictogramme est « une représentation graphique schématique, un dessin figuratif stylisé fonctionnant comme un signe d'une langue écrite et qui ne transcrit pas la langue orale. Il sert généralement à la signalétique pour s'orienter dans l'espace réel ou communicatif comme l'Internet. Lorsque possible, il constitue une alternative à la signalisation bilingue, permettant de diminuer la quantité d'information inscrite sur un panneau, et permettant d'éviter (ou de diminuer) les controverses accompagnant le choix des langues d'affichage dans les zones où, par exemple, des groupes xénophobes cohabitent avec des populations d'origine différente.» Sur le site de Gerd Arntz, on trouvera une bonne introduction à son travail (surtout dans la rubrique isotype, sorte de version bêta des pictogrammes tels que l'on connaît aujourd'hui). Il est amusant que son travail a depuis été maintes fois « pillé » surtout dans les publications de pictogrammes et autres logos sans droits (je pense à l'éditeur Novum). Ses visuels, ultra-diffusés, font donc parti de notre inconscient visuel et c'est assez drôle de mettre un nom sur ces classiques... À explorer !