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Il est mort, le serveur.
L'immense communauté des pirates est en émoi puisque le service d'hébergement de fichiers (sans doute le plus efficace et le plus utilisé) a été fermé le 19 janvier dernier suite à une procédure du Département de Justice Américain. Megaupload était le passage obligé pour celui qui souhaitait télécharger illégalement tous types de contenus. Le serveur "marchait bien" d'après les dire de Stéphane B., un pirate émérite, qui par la même occasion vient de s'assoir sur ses 9,99 euros d'abonnement mensuel. Abonnement qui lui permettait de télécharger sans limite de bande passante. La fermeture de Megaupload n'a pas manqué de provoquer de violentes réactions puisque dans les heures qui ont suivi le collectif "Anonymous" a "hacké" en France, le site de l'Elysée et celui d'Hadopi puis celui de Vivendi et du Ministère de la Justice. Aux USA, non notera les attaques en règle contre les sites du FBI, d'Universal Music ou de Disney… C'est dire si les pirates ne sont pas contents. Pour ma part, je m'en étonne un peu puisqu'il n'est pas très gentil de copier sans autorisations et sans payer la création d'un tiers. On le sait tous et rien ne sert de se cacher derrière de fumeux concepts libertaires façon "monde numérique libre" ou "accès gratuit à la culture". Télécharger de façon illicite le dernier Fast and Furious, est-ce vraiment un acte culturel ? La fermeture de Megaupload, si elle n'en n'est pas moins injuste (quid de Rapidshare, Hotfile, Mediafire… etc.) semble pourtant une réponse relativement logique au "bordel" numérique ambiant. On notera au passage que les producteurs de contenus manquent cruellement d'imagination puisque pour pouvoir pleinement utiliser les services de Megaupload, il fallait payer une substantiel redevance. Redevance qui prouve clairement que le pirate lambda est prêt à payer et que les positions poujadistes de la plupart de nos producteurs (façon Pascal Nègre) ne fait qu'accélérer la disparition (maintenant programmée) de cette industrie. Imaginons que pour palier à la destruction d'un barrage, on donne au seul pompier présent un seau en plastique. Ce seau en plastique s'appelle Megaupload. Déjà les pourvoyeurs de contenus illicites ont aiguillé les millions de pirates (que nous sommes tous à un moment à un autre) sur d'autres serveurs trop contents de recruter de nouveaux utilisateurs (moyennant finances). Pendant ce temps, le monde d'hier continue de s'écrouler. Tous ces industriels habitués à faire des marges colossales sur du support physique (que coûte, par exemple, la 4e ou 5e réédition du catalogue des Beatles à Emi ?) doivent repenser leur modèle économique. Finies les marges juteuses sans efforts. Dommage pour les dommages collatéraux, ces 300 000 emplois amenés à disparaitre. Une chose est sûre, il est déjà trop tard pour faire machine arrière… En cette période pré-électorale, c'est notre cher président qui ne doit pas être ravi de l'initiative américaine. Lui qui, d'une part, cherche à rassembler les français et qui d'autre part (d'après de bonnes sources bien placées) voulait faire oublier Hadopi (au moins jusqu'aux élections). Enfin, d'aucuns pensent que la fermeture de Megaupload est en réalité dû au lobby de l'industrie musicale américaine qui craignait le prochain lancement d'une offre gratuite et légale par le serveur aux couleurs orangées. Pour l'industrie culturelle, le numérique était le virage qu'il ne fallait pas manquer. Visiblement, c'est raté… RIP, Megaupload !
